L’Algérie

Après 132 ans de domination française et 8 ans de guerre sanglante, l’Algérie est devenue indépendante le 3 Juillet 1962 et a pris le nom de République Démocratique et Populaire d’Algérie. Pendant les 3 années suivantes, les nouveaux dirigeants de l’Algérie, avec Ahmed Ben Bella comme Président, ont dirigé le pays d’une main de fer et lui ont imposé une idéologie de socialisme d’un type archaïque qui est devenue en fin de compte un obstacle à l’édification de cette nouvelle nation. Un problème supplémentaire est venu s’ajouter à leurs difficultés, celui du départ des colons français qui avaient la haute main sur toute l’administration publique et dirigé l’économie et l’agriculture du pays. D’un jour à l’autre les principales activités du pays furent presque complètement réduites à l’inaction. Le 19 Juin 1965, le Vice-Président et Ministre de la Défense, le colonel Houari Boumediene, avec un groupe d’officiers, renversa le régime de Ben Bella.
Le Colonel Boumediene, à son tour, dirigea le pays avec un système de Parti unique, le Front de Libération Nationale (FLN) et avec l’armée. Malgré plusieurs tentatives de coups d’Etat, il réussit à contrôler la situation politique et à hâter l’avénement d’un Etat algérien moderne. Mais il mourut le 27 Décembre 1978. C’est le Colonel Chadli Bendjedid qui lui succéda alors et qui assura le maintien de l’ordre jusqu’à ce que les succès du Front Islamique du Salut (FIS) au premier tour des élections de Décembre 1991 provoquent l’intervention de l’armée et aboutissent à sa déposition. Les élections qui suivirent furent annulées. La répression s’abattit sur le FIS qui fut finalement interdit. Début Janvier 1992 les chefs de l’armée, sous prétexte de sauvegarder les intérêts du pays, constituèrent un Haut Comité d’Etat pour en assumer la direction en tant que Présidence collégiale, jusqu’au terme normal du mandat du Président Chadli en Décembre 1993. Pour éviter toute critique sur le plan international, les généraux offrirent alors la Présidence de ce Haut Comité d’Etat à Mohamed Boudiaf, un des premiérs leaders de la guerre d’indépendance et qui vivait en exil au Maroc depuis 1964. Acceptant ce poste avec foie, il rentra d’exil. Quelques semaines après avoir pris ses nouvelles fonctions, il entreprit de faire disparaître la corruption mais le 29 Juin 1992 il fut assassiné alors qu’il inaugurait un centre culturel à Annaba, dans l’Est de l’Algérie.
En Janvier 1994, ce Haut Comité d’Etat désigna le Général Liamine Zéroual, alors Ministre de la Défense, comme candidat au poste de Chef de l’Etat et après une élection générale le 16 Novembre 1995. Zéroual fut élu en tant que tel pour une période de 5 ans avec 61 % des suffrages.
En Septembre 1998, le Président Zéroual fit savoir à la Télévision qu’il démissionerait aussitôt que des élections présidentielles pourraient être organisées. En 1999, près de 2 ans avant la fin de son mandat de 5 ans, il transmit ses pourvoirs à Abdelaziz Bouteflika. Les raisons invoquées alors pour justifier cette démission étaient que le Président Zéroual avait des problèmes de santé. Mais en fait tout le monde savait alors qu’il avait été contraint de partir à la suite de conflits internes au sein de haut commandement militaire.
Le 15 Avril 1999 Abdelaziz Bouteflika, qui était rentré d’un exil qu’il s’était lui-même imposé à la suite d’allégations de corruption alors qu’il était Ministre des Affaires Etrangères de 1962 à 1978, refit surface et se lança dans la course à la Présidence. Il fut élu avec 74% des voix alors qu’il était le seul candidat.
Son mandat de 5 ans expira en Avril 2004 et il fut élu pour un second mandat le 8 Avril 2004 avec 84,99% des suffrages. Mais les chefs militaires qui l’avaient soutenu aux élections de 1999 publièrent en Février 2004 une déclaration disant qu’ils étaient prêts à soutenir n’importe quel candidat à la Présidence. Car c’est une chose bien connue en politique algérienne que si un candidat ou un Président n’a pas le soutien de l’armée, il n’a aucune chance de continuer.
L’Algérie qui constitue la partie centrale du Maghreb et occupe une grande partie du Sahara, a une superficie totale de 2.381.741km². Mais avec sa côte nord africaine proche de l’Europe, l’Algérie ressent l’attraction de 2 continents. Etant le plus grand des Etats du Maghreb, ses 4 principales divisions géographiques sont:

1. Une chaîne côtière avec les vallées du Tell au Nord.
2. l’Atlas saharien au centre rejoignant à l’Ouest la chaîne du Haut-Atlas.
3. La région des Hauts-plateaux entre le Tell et les Atlas à l’Ouest
4. le désert du Sahara au Sud.

Moins élevée à l’ouest et avec ses plus hauts sommets en Kabylie, la chaîne calcaire du Djurdjura culmine dans le Tell à 2.308 mètres. L’Atlas saharien est le prolongement du Haut Atlas (monts des Ksour, 2000 mètres au djebel Chelia), le double alignement de l’Atlas tellien. L’Atlas saharien est donc le rebord méridional de l’Atlas au-dessus du socle saharien; s’étendant sur 700 km des confins aléro-marocains au Ziban, il représente la limite climatique du Sahara au sud et des influences méditerranéennes au nord. La population y est mixte: des agriculteurs montagnards et sédentaires y cultivent les vergers dand les vallées du versant nord, tandis que les nomades du piémont saharien estivent sur les sommets où ils se fixent peu à peu. La région des Hauts Plateaux entre le Tell et l’Atlas Saharien a une largeur de 200 kms et atteint par endroits des altitudes supérieures à 1.000 mètres, avec des dépressions peu profondes d’eau saumâtre appelées “chotts”, que l’on trouve également au Sud des Aurès, près de la frontière tunisienne.
Le climat est méditerranéen au Nord, au Sud du Tell il devient un climat de steppe avec de fréquentes périodes de gel en hiver tandis qu’au Sud de l’Atlas le climat désertique prédomine. La Libye revendiqué toujours un territoire d’environ 32.000 km² dans un conflit frontalier de longue date avec l’Algérie et ce territoire revendiqué apparait toujours comme libyen sur ses cartes qui englobent l’Algérie du Sud-Est.

LANGUES

Après l’indépendance l’arabe a été déclaré langue nationale mais le gouvernement et les corps professionnels ont eu à faire face à un dilemme, car les dirigeants nationalistes, les universitaires et les représentants officiels du gouvernement avaient l’habitude de se servir du français entre eux et avec le peuple. En fait c’est encore aujourd’hui un sujet de conflit entre ceux qui souhaitent se débarrasser du français, langue du colonialisme et de l’humiliation, et ceux qui se sentent liés au français comme étant la langue de la science, de la culture, des communications internationales et des relations commerciales.

RÉLIGION ET MINORITÉS ETHNIQUES

La grande majorité des 32. 818,500 habitants de l’Algérie sont des musulmans sunnites de rite Malékite et sont d’origine arabe et berbère. 40 à 45% de la population parle le berbère et ces populations de langue berère se trouvent en grande partie en Kabylie, dans les Aurès, le Mzab et la région du Hoggar. Les premiers habitants connus de l’Algérie, comme d’ailleurs des autres pays du Maghreb, ont été les Berbères et malgré les invasions vandales de 429 et jusqu’à la colonisation européenne et l’indépendance, la langue et la culture berbères ont toujours été florissantes. La raison en est que les Berbères ont toujours été laissés à eux-mêmes par leurs conquérants. Cependant depuis l’indépendance de tous les pays d’Afrique du Nord, la population berbère a réclamé la reconnaissance officielle de sa langue et de sa culture, mais cette question est laissée de côté par le gouvernement en dépit du fait qu il y a des ministres et des députés d’origine berbère au sein du gouvernement.
Le Maroc, lui, s’est finalement décidé à reconnaître l’existence du problème et a fondé un institut berbère voué à la promotion de la langue et de la culture berbère. Depuis Septembre 2003 la langue berbère est enseignée dans les écoles marocaines et est aussi utilisée sur les chaînes de radio et de télévisions.

MINORITÉS RELIGIEUSES

Les autorités ne s’immiscent pas dans les affaires religieuses des minorités chrétienne et juive qui ne représentent que 1% de la population. Cependant toute activité de prosélytisme religieux est interdite.

ECONOMIE

Le secteur des hydrocarbures est l’épine dorsale de l’économie algérienne et compte pour près de 60% des revenus du budget, 30% du GDP et pour plus de 90% des sources de revenus à l’exportation. Une autre importante source de revenus est constituée par les envois de fonds des travailleurs algériens vivant à l’étranger. L’Algérie a la 5éme réserve mondiale de gaz naturel et en est le 2éme exportateur mondial. De plus, elle se classe au 14éme rang sur le marché mondial pour ce qui est des réserves de pétrole.

AGRICULTURE

L’Algérie a été autrefois productrice et exportatrice de vins, de céréales, de pommes de terre et de tomates. Mais, depuis l’indépendance, l’agriculture qui avait été le principal moyen de subsistance pour beaucoup d’Algériens pendant des siècles, a vu sa production décroître à la suite d’une tendance marquée à la baisse des revenus dans le secteur agricole.
Un certain nombre de facteurs sont à l’origine de ce déclin continuel de l’agriculture algérienne et outre le fait de la sécheresse, le facteur le plus important en a été que le gouvernement a négligé ce secteur afin de permettre aux compagnies locales d’importation d’avoir les mains libres pour pouvoir importer des denrées alimentaires. Et aussi, ces dernières années, à cause de la guerre civile larvée, de nombreux agriculteurs ont abandonné leurs fermes pour chercher un abri sûr dans les villes. D’autre part les travailleurs qui maintenant touchent un salaire mensuel garanti dans les autres secteurs de travail n’ont plus aucune envie de retourner travailler dans le secteur agricole. Les fermes privées actuellement ne peuvent bénéficier d’aucun prêt bancaire et d’aucune aide de l’Etat qui pourraient leur permettre d’améliorer leur production et d’être compétitives avec les importations de denrées alimentaires. En 2003, par exemple, il y a eu une saison de pluies exceptionnelle dans toute l’Algérie et malgré cela les agriculteurs ont été dans l’impossibilité de trouver sur le marché intérieur des semences, des engrais et les pièces détachées nécessaires pour leurs machines agricoles. En fait toutes les statistiques, depuis la période de l’indépendance jusqu’à maintenant montrent que le but du gouvernment pour l’agriculture est simple: l’importation de denrées alimentaires est la meilleure des choses à faire! Un autre exemple est qu’en 1988 l’Algérie avait commencé à produire une série de médicaments de haute qualité destinés à l’usage local et aussi à l’exportation, mais maintenant tous ces genres d’articles doivent être importés.
Un autre signe révélateur est que dans tous les pays d’Afrique du Nord les compagnies d’importation sont entre les mains de gens qui ont beaucoup d’influence sur les personalités locales en place. Et en fait si on examine de près qui sont les directeurs de ces compagnies, il est clair qu’ils ont des relations familiales étroites avec l’élite dirigeante. Ces liens leur donnent carte blanche pour importer tout ce qu’ils veulent sans que l’Etat ne s’en mêle.
Récemment encore, le Ministre Algérien de l’Agriculture Mr Benalia Belhouadjeb a déclaré que son Ministère rectifierait ses erreurs passées et aiderait les agriculteurs algériens à améliorer leurs revenus et à obtenir des prêts bancaires ce qui leur avait toujours été refusé auparavant. Il recherche également la coopération des Espagnols et des Canadiens pour ce qui est de moderniser l’agriculture algérienne et tout spécialement le secteur vinicole. Ce ministre est également partisan d’une privatisation des terres agricoles qui appartiennent à l’Etat.

LES PARTIS POLITIQUES

Il y a 11 partis politiques en Algérie et 6 d’entre eux sont représentés à la Chambre des députés, mais le FLN qui depuis l’indépendance, a été le seul parti politique légal jusqu’en 1989, est toujours resté le parti prédominant.

LA PRESSE

Il y a une presse gouvernementale et une presse indépendante. La presse indépendante est souvent réduite au silence par les autorités bien que le gouvernement n’ait pas utilisé dans le passé de moyens légaux coercitifs pour interdire certaines de ses publications. Néanmoins les imprimeries et les agences de distribution de l’Etat, qui ont un contrôle exclusif dans ce domaine, refusent souvent d’imprimer des articles de la presse indépendante en faisant valoir qu’en tant qu’éditeurs ils sont payés par l’Etat, et ces imprimeurs retirent régulièrement de la publication des pages de textes sans aucune justification légale. La presse indépendante souffre également de ne pouvoir faire toute la publicité qu’elle souhaiterait et d’en retirer les revenus correspondants parce que la plupart des entreprises préfèrent faire leur publicité dans l’organe de la presse étatique: “El-Moudjahid”. Quant à la radio et à la télévision il n’est pas question pour le moment de leur accorder quelque indépendance.

LE TOURISME

Actuellement le Tourisme est presque complètement inexistant et ceux qui désirent obtenir un visa touristique doivent fournir un certificat de logement dûment certifié par les autorités algérienne.

CONDITIONS D’ADMISSION ET DE SORTIE

Les voyageurs doivent être munis d’un passeport valide et un visa est également nécessaire pour la plupart d’entre eux. L’obtention de ce visa peut demander plusieurs jours. Il faut donc s’adresser à un Consulat algérien de son pays de résidence très en avance d’autant plus qu’il est nécessaire de fournir un certificat de logement et pour un visa d’affaires, une lettre d’invitation de l’entreprise algérienne concernée à titre de garantiè.